Les Essacs de Saint-Simeux  (16120)

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Présentation de l’anguille

 

Caractérisée par un corps serpentiforme et cylindrique, la peau épaisse de l’anguille est recouverte d’un mucus  abondant favorisant la reptation, et de petites écailles incrustées. Ses nageoires pectorales sont faiblement développées et ses nageoires dorsale, anale et caudale fusionnent.

La larve (dite leptocéphale) est transparente, vermiforme et aplatie. Elle se transforme en jeune translucide du nom de civelle.

Elle grandit jusqu’à maturité et devient brune avec le ventre jaune.

Lorsque l'anguille mature a accumulé une importante réserve de graisse, elle se transforme alors en anguille argentée.

Une anguille jaune ou argentée se nourrit de poissons, d’amphibiens, de crustacés, d’insectes ou de vers. Ses mâchoires sont munies de dents coupantes et elle n’hésite pas à mordre quand on essaye de la saisir.

Photo: Les Essacs de Saint-Simeux
© Les Essacs de Saint-Simeux
La migration

Après l'éclosion à grande profondeur en mer des Sargasses, la larve mène une vie pélagique d'un à deux ans, se nourrissant de plancton tout en commençant sa longue migration favorisée par le Gulf Stream.

Du printemps à la fin de l'été, une grande partie des civelles remonte les fleuves et rivières. L'anguille jaune, puis argentée continue à grandir durant en moyenne dix ans (en réalité de 3 à 15 ans selon les individus). Elle devient - à ce stade - territoriale et peut fortement se sédentariser. En 2001, les chercheurs estimaient qu'en moyenne une anguille jaune adulte occupait dans un marais ouest-atlantique français un territoire moyen d'environ 300 m de berge et 1 000m2 (un peu plus pour les gros individus).

© francetv

Poussée par son instinct, elle profite des crues et inondations automnales et hivernales pour regagner la mer (c'est l’avalaison).

Durant son parcours, son organisme se transforme pour devenir à nouveau apte à la vie en eau salée.

 

Ces trajets qui amènent l'anguille à la mer des sargasses, son lieu de reproduction, sont mal connus : les anguilles semblent s'enfoncer vers les grands fonds et l'absence de lumière . Certaines se rendent directement dans la zone des sargasses, soit un trajet de 4.800 à plus de 5000 km, effectué à des vitesses très variables (3 à 47 km/jour) pour y pondre et mourir. Mais d'autres effectuent des trajets indirects pour semble-t-il ne pondre que l'année suivante.

En voie d’extinction

 

 

Depuis les années 1970, les populations d’adultes ont chuté de 90%, résultat de la surpêche, de la pollution, de maladies et de la destruction de leur habitat.

 

En effet, Les explications de cette régression semblent à la fois marine et terrestre, multifactorielle, impliquant divers contaminants toxiques (divers organochlorés et pesticides bioaccumulés par l'anguille), la surpêche des civelles et peut-être des adultes, le braconnage, les obstacles sur la route des alevins et plus récemment une augmentation du taux de parasitisme qui peut perturber la migration marine des adultes.


Vers plus de protection

 

L’anguille fait l’objet depuis 2007 d’un plan européen de sauvegarde imposant aux états membres de la Communauté Européenne des mesures de gestion par bassin versant.

Depuis 2008 l'inscription à l'Annexe II de la CITES, convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, dite convention de Washington, devrait renforcer l'encadrement de son commerce légal. Les préfets doivent désormais « transmettre sans délai les informations sollicitées concernant le braconnage et le commerce illicite de la civelle et de l'anguille à ses autres stades biologiques, ainsi que cela est prévu par la circulaire du 4 avril 2006 sur ce sujet ».

 

La protection passe aussi par l’amélioration des habitats, cours d’eau, mais aussi en améliorant l'environnement sur l'amont du bassin versant, lutter contre les parasites, rétablir des continuums écologiques fonctionnels dans les cours d'eau (passes à anguilles ou autres dispositifs de libre circulation, écoduc…).

Photo: Les Essacs de Saint-Simeux
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